Oui : le SUS, le système public de santé brésilien, soigne les étrangers — y compris les touristes. Cette réponse courte surprend la plupart des visiteurs. La réponse complète exige quelques distinctions : ce qui vaut pour une personne de passage n’est pas identique à ce qui vaut pour celle qui vit ici, et savoir où passe cette ligne évite aussi bien les refus de soins illégaux que les attentes que le système ne peut pas satisfaire.

D’où vient le droit

La Constitution brésilienne dispose que « la santé est un droit de tous et un devoir de l’État » (article 196) — de tous, pas seulement des Brésiliens. La loi 8.080/1990, qui organise le SUS, qualifie la santé de « droit fondamental de l’être humain » et fait de l’universalité le principe directeur de l’accès. Aucune de ces normes n’exige la nationalité ni une situation migratoire régulière.

Pour ceux qui vivent au Brésil, la loi sur la migration (loi 13.445/2017) l’a écrit noir sur blanc : l’article 4, VIII garantit au migrant « l’accès aux services publics de santé, d’assistance sociale et à la sécurité sociale, dans les termes de la loi, sans discrimination en raison de la nationalité ou de la condition migratoire » — à égalité avec les nationaux. En pratique : l’immigrant résident, avec ou sans papiers, utilise le SUS exactement comme un Brésilien.

Le touriste est-il différent du résident ?

Pas pour les soins eux-mêmes. L’universalité couvre quiconque se trouve sur le territoire, et c’est pourquoi le touriste soigné dans une unité d’urgence publique ne paie rien — aucune loi fédérale n’autorise le SUS à facturer les étrangers. La différence apparaît dans le suivi : le résident s’inscrit à l’unité de santé de son quartier, dispose d’une équipe de référence et accède aux listes d’attente des actes programmés. La personne de passage est prise en charge pour l’urgence et le besoin immédiat, sans construire ce lien continu.

Documents et carte SUS

Depuis 2025, la carte nationale de santé utilise le numéro fiscal brésilien (CPF) comme identifiant — et le ministère de la Santé prévoit lui-même l’exception : des groupes comme les « étrangers en transit » peuvent être enregistrés sans CPF, avec justification dans le système. Plus important : la consigne officielle est explicite — les patients sans documents continuent d’être soignés. Aucun service d’urgence ne peut conditionner les soins à un papier, pour un Brésilien comme pour un étranger. L’immigrant résident, lui, a intérêt à obtenir un CPF et la carte SUS : c’est ce qui ouvre le suivi continu, la pharmacie de base et les files régulières.

Où apparaissent les problèmes

Trois situations concentrent les dossiers. D’abord, le refus de soins ou d’inscription faute de documents brésiliens — illégal, et souvent résolu par l’invocation précise de la norme avant tout procès. Ensuite, la facturation indue : l’étranger soigné dans un hôpital public qui reçoit une facture comme un patient privé. Enfin, une question plus fine : le non-résident qui cherche à obtenir par le SUS un traitement programmé coûteux planifié depuis l’étranger — là, la réponse juridique est moins généreuse, car l’universalité suppose la présence sur le territoire, pas le tourisme thérapeutique. Reconnaître cette frontière fait partie d’une analyse honnête de chaque cas.

Si l’une de ces situations vous concerne, vous ou votre famille, le cabinet est disponible pour une évaluation responsable — consultations en français, par visioconférence ou par écrit, via le formulaire de contact ou WhatsApp.

À propos de l’auteur

Ramon Martins Andrade (OAB/RJ 188.374) est avocat diplômé de l’UFRJ en 2011, titulaire de masters de l’Université Sorbonne Nouvelle et de l’École de guerre navale du Brésil (EGN). Il est actuellement chercheur en droits humains et santé à l’ENSP/Fiocruz, où le concept de retour sanitaire est né de ses recherches au sein de groupes d’étude sur la diaspora brésilienne et l’accès aux soins.

Le contenu de cet article a un caractère informatif et éducatif. Il ne constitue ni une consultation juridique, ni une publicité de résultats, ni une garantie de succès, aux termes de la Résolution 205/2021 de l’Ordre des avocats du Brésil (OAB).